
C'est marrant, la geekitude.
Après l'expérience du blog sur papier, je me rends compte que je suis bien atteint. Mon appartement est en cartons et en pièces détachées, mon frigo est débranché ; le seul truc qui marche encore, c'est l'ordinateur (pas portable) et la connexion internet. En attendant les copains déménageurs, je suis assis en tailleur par terre avec le clavier sur les genoux.
Le pire, en cette période de transition, c'est que je trouve encore le temps d'aller voir la vie Wikip(m)édienne.
Et cette semaine, je suis tiraillé par une de ces micro-polémiques dont nous avons le secret. ça se passe
ici et la question semble anodine : comment intituler un article sur des œuvres universelles dans une encyclopédie francophone ? Le sondage lancé le 29 avril aboutit à un quasi match nul (je ne reviendrai pas sur la présentation orientée des résultats ni sur le fait que l'initiateur close lui-même). En fait, on s'en fout un peu du résultat ; ce qui compte c'est le débat.
Je dois bien avouer que je me lasse très vite des discussions sans fin mais là, le sujet me tenant à cœur, j'ai examiné le cas d'un peu plus près.
À ma droite,
un contributeur volontiers polémique qui s'étonne que le sacro-saint
principe de moindre surprise soit à ce point baffoué par une cotterie de mélomanes plus ou moins avertis qui a tendance à se retrouver dans un
lieu étrange.
À ma gauche, une
dynamique animatrice du
projet musique classique qui sait fédérer autour d'elle par son dynamisme quitte à ne pas avoir sa langue dans sa poche.
Résultat des courses, pour l'instant ; tout le monde campe sur ses positions, les arguments et contre-arguments volent de plus en plus bas, l'initiateur du sondage intervient à tout bout de champ au lieu de conserer une neutralité de bon aloi.
Sondage tragique sur Wikipédia : deux morts (un
canard et une
agrume).
Quant au fond,
je me suis exprimé sur la page concernée ; je ne vais pas revenir dessus. Pour prolonger, je pense qu'on se retrouve ici dans un cas emblématique de friction entre le souci d'une culture mise à la portée de tout le monde francophone, quitte à utiliser des biais de traduction pour le moins étranges (cf.
Der Fliegende Holländer) et la volonté de développer un savoir universel en respectant au mieux l'œuvre créée. Afin de ne pas brusquer un bon peuple francophone, et singulièrement français, réputé peu ouvert aux langues étrangères, on se devrait de proposer une culture pré-digérée et ne pas surprendre le brave lecteur en lui rappelant que le même Wolfgang a composé des opéras en allemand, comme
Die Entführung aus dem Serail, mais aussi en italien, comme
La finta semplice. Quoi de plus simple que de titrer l'article principal en fonction ?
Le débat est sans doute sans fin. Je retourne à mes cartons.