mercredi 18 novembre 2009

Du bon usage des listes

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Palais_Bourbon_-_Jules-Ars%C3%A8ne_Garnier.JPG
Une récente votation l’a confirmé : sur la Wikipédia francophone, une liste ne peut être de qualité. Soit, puisque la communauté l’a décidé, c’est que ça doit être vrai. C’est donc aussi que le boulot qui est fait pour l’élaboration d’une liste n’est pas du travail encyclopédique, enfin, en tout cas, c’est ce que certains laissent entendre dans leurs arguments.
Comme d’habitude, je n’ai pas pris part à cette consultation, pensant peut-être ingénument que la rédaction d’articles est souvent une occupation plus enrichissante sur Wikipédia que la participation à ces grands débats qui font florès. Sur le coup, je dois bien dire que je me suis quand même senti un peu con.

Il se trouve que, entre le « wikisourçage » des rues de Rennes et la « Commonsisation » des monuments historiques de ma bonne ville, il m’arrive de m’occuper des élus ayant représenté mon département à l’Assemblée nationale. Récemment, je me suis occupé de la liste qui leur est consacrée sur Wikipédia.

Il y a quelque temps, je l’avais déjà enrichie des noms de tous ceux qui avait été députés depuis la Libération. Sur Wikipédia, on a souvent l’impression que l’histoire politique française a commencé avec la XIIe législature de la Cinquième République, celle qui a commencé en 20021, comme l’essor de la version de la version francophone de l’encyclopédie en ligne. Autant dire que ça demande un certain boulot de fouilles dans les archives de remonter jusqu’en 1945.

À l’image de ce qu'avait initié mon camarade amateur de jus de raisin sur la liste des maires de Rennes, j’ai trouvé intéressant d’agrémenter cette liste d’une frise chronologique permettant, d’un coup d’œil, d’avoir une vision synthétique de l’évolution politique d’un territoire. Bien sûr, certains des raccourcis que j’ai choisis2 sont critiquables, mais le principe d’une liste est de synthétiser les informations et d’inviter le lecteur à découvrir les articles dédiés à chacun de ces élus.

En farfouillant un peu, je suis tombé sur une liste de députés que je ne connaissais pas : celle des élus de la VIIe législature de la Cinquième République3. Là, je dois dire que j’ai eu un choc : liste indigeste basée uniquement sur l’ordre alphabétique et, surtout, aucune étiquette politique n’est indiquée.

Je ne suis pas sûr de faire des listes de qualité en m’attaquant aux députés bretons4, mais je suis sûr que les listes de daube, ça existe bel et bien sur Wikipédia !

1 : Parfois même c’est encore pire ; au hasard, allez jeter un œil sur la liste des députés de la Seine-Maritime.
2 : J’ai ainsi délibérément choisi d’affecter la même couleur aux députés MRP, UDF et Nouveau Centre au nom d’une certaine continuité idéologique et d’un positionnement revendiqué au centre-droit ; idem pour ceux du RPF, de l’UNR, du RPR et de l’UMP. La création de l’UMP en 2002 fait que nombre d’entre eux changent de couleur dans la frise, sans pour autant que cela marque une évolution idéologique notable.
3 : Seuls députés de la Cinquième élus à la proportionnelle, il était, il est vrai, difficile de les faire figurer dans un des articles consacrés à chacune des circonscriptions législatives.
4 : Je me suis ensuite attaqué aux élus de Loire-Inférieure (puis Atlantique) voisine avant d’envisager d’appliquer la même méthode aux trois autres départements bretons.

samedi 14 novembre 2009

En flanant dans les rues


Il y a quelque temps, dans un précédent billet, je vous faisais part de mon engouement pour ces illustres personnages de ma bonne ville de Rennes que j'essaie, modestement, de faire sortir de l'oubli en leur consacrant quelques lignes dans Wikipédia.

Or donc, en un jour pluvieux, je me retrouvais tout en haut de la bibliothèque des Champs Libres à chercher quelque information propre à alimenter « mes » articles quand je suis tombé sur une perle. Bien sûr, l'objet ne paie pas de mine : un mince volume coincé entre deux imposantes anthologies consacrées à l'histoire de la Bretagne. Mais, sa date de publication m'a interpellé : 1883. Voilà donc un ouvrage qui est dans le domaine public et aurait donc sa place dans Wikisource !

Je remarque ici que, tout à l'enthousiasme de ma découverte conjointe de Wikisource et du Dictionnaire de Trévoux, je n'ai guère parlé de ce projet dans un billet de juillet. Alors, pour ceux qui l'ignore, ce projet méconnu soutenu par la Wikimedia Foundation est formidable. Il s'agit d'un wiki dont le but est de collecter les scans d'œuvres libres pour les retranscrire et en favoriser ainsi la libre utilisation par tout un chacun.
Quand un wikisourcien a dans les mains un ouvrage tombé dans le domaine public, ce n'est pas l'instinct du bibliophile qui s'éveille en lui ; point d'émotion devant des pages marquées par le temps et couvertes d'inscription presque illisibles. Au contraire, plus le texte est lisible, mieux ça vaut : dans le cas des Notices sur les Rues, Ruelles, Boulevards, Quais, Ponts, Places & Promenades de la ville de Rennes, point de souci, les pages sont propres et le texte apparaît clairement. Direction donc le scanner que la bibliothèque met aimablement à la disposition de ses lecteurs et, après quelques tâtonnements informatiques1, le fichier scanné est intégré à Wikisource. Les « cyber-moines copistes » peuvent commencer leur travail et ça va bon train. La version finalisée du texte est consultable sur cette page, elle concerne les 48 premières pages − lues, relues et validées − d'un livre qui en compte 93. Autant dire que très prochainement tout le texte du livre sera en ligne.

Une fois passée la satisfaction du projet bien enclenché, à défaut d'être fini, se pose la question inévitable : « C'est bien gentil tout ça, mais ça sert à quoi ? »

Il est vrai que l'intérêt « wikipédien » d'un tel ouvrage ne saute pas forcément aux yeux. L'encyclopédie étant ce qu'elle est, l'intérêt d'avoir un article dédié à toutes les rues de villes importantes est régulièrement débattu. Ainsi, en juillet 2008, une PàS musclée concernait des listes de rues belges. Un des débatteurs avait sorti une formule qui fait désormais florès : « On peut difficilement comparer les rues de Bruxelles avec les rues de Paris, pour lesquelles existe une bibliographie importante où la plupart des rues de Paris sont traitées et commentées » ; ce que certains ont eu tendance à résumer en : « les seules rues méritant d'avoir un article dans WP sont celles de Paris ».
Sans abonder cette position extrémiste, force est de constater que Wikipédia n'est peut-être pas le lieu idéal pour avoir un article sur chacune des rues de Rennes2. Un article aurait sa place sur un wiki territorial, comme WikiBrest ou WikiManche, mais il n'existe pas (encore ?) de tel site communautaire sur Rennes ou sur l'Ille-et-Vilaine.
Une lecture attentive des Notices sur les Rues, Ruelles, Boulevards, Quais, Ponts, Places & Promenades de la ville de Rennes permet cependant de dénicher certaines informations qui méritent d'être partagées dans l'encyclopédie en ligne. Pour ne citer qu'un exemple, on y trouve quelques éléments de biographie sur Hippolyte-Jean-François Le Graverend, un ancien député qui aurait sa place dans Wikipédia.

Personnellement, je pense que l'intérêt est surtout patent pour tous ceux qui s'intéresse à l'histoire de la ville. En dressant un inventaire exhaustif des rues de la capitale bretonne, cet ouvrage permet d'en tracer un plan précis qui peut être comparé avec le tissu urbain actuel. Pour ce faire, il existe un formidable outil libre pour cartographier un territoire : c'est OpenStreetMap. Le géographe libriste que je suis est forcément intéressé par ce projet mondial de carte coopérative libre. À Rennes, il y a une très active communauté qui a réalisé la cartographie de la totalité de la commune. C'est parfait pour faire des cartes libres de la ville et retrouver facilement son chemin. Par contre un truc me chiffonne : je ne sais pas comment faire pour ajouter quelque part un calque indiquant les rues existant à la fin du XIXe siècle. Voilà pourtant une application que j'aimerais bien voir développée.

Et puis cela permettrait sans doute d'avoir une carte d'évolution urbaine plus exacte que celle que j'ai réalisée pour l'article Rennes de Wikipédia.

1 : Il s’agissait là de mon premier apport à Wikisource à partir d’un document sur papier, d’où un scan parfois un peu de biais et un fichier DjVu pas terrible, malgré de bons scans et une page d’aide très utile.
2 : Malgré une exploration du site de la ville, il est d’ailleurs impossible de savoir facilement combien il y en a actuellement ; il y en avait 206 en 1883.

mercredi 21 octobre 2009

Ça fait drôle de vieillir

Il y a quelque temps, l'aimable canidé helvétique nous faisait partager son sentiment sur la bizarrerie des relations entre wikipédiens.

Aujourd’hui, à chaque fois que je vais sur Wikipédia, un bandeau jaune surgit en haut de la page : « Vous avez un nouveau message ». Pas de panique cependant, je sais qu’une fois par an, les messages qui s’accumulent tout au long de la journée seront plutôt sympas pour cause d’anniversaire. Grâce en soit rendue à un modèle qui apparait chaque jour sur le Bistro et rappelle quels sont les valeureux contributeurs qui vieillissent en ce jour.

Comme dans la vraie vie, ça peut en énerver certains ; libre à eux de ne pas s’inscrire dans la liste en question. Personnellement, j’aime bien ça. Peut-être parce que c’est souvent l’occasion de venir faire un petit salut sur la page de gens dont on apprécie les contributions.

Au mitan de cette journée, vingt-deux y sont allés de leur petit message ; dans le lot, j’en connais tout juste 50 % en vrai, et quelques autres avec lesquels j’échange régulièrement via IRC.
Ce qui m’interpelle chaque année, c’est de voir que nombreux sont ceux que j’ai rarement, voire jamais, croisés qui viennent me saluer. Même quand on est plutôt discret dans les différentes pages de discussion, ça fait drôle. Mon ego me pousserait à croire que mes actions sont plutôt appréciées. Plus prosaïquement, je pense qu’il doit y avoir des spécialistes du bonanniversairage qui cherchent par là une certaine reconnaissance.

Décidément, sur WP comme ailleurs sur le Net, les voies de la convivialité sont assez tortueuses.

vendredi 16 octobre 2009

Que reste-t-il de nos cent ans ?



Le Wikiconcours « flash » de septembre dernier a été l’occasion pour l’équipe à laquelle je participais de se plonger dans l’histoire de notre ville : Rennes. Déjà, il y a un an de cela, nous avions constaté que notre cité plus que bimillénaire méritait mieux que l’article indigent qui lui était consacré dans Wikipédia. Notre angle d’attaque de cette année était les personnalités marquantes de l’histoire de la ville, et plus particulièrement ses maires.

Le problème est que l’on est vite confronté aux limites d’internet quand il s’agit de parler de l’histoire récente. Les règles de la Toile faisant que l’on est soit dans une logique de promotion immédiate de ce que l’on fait1, soit dans un souci de valorisation du patrimoine historique à travers les sites plus ou moins mis à jour des érudits locaux ou les inventaires abscons du patrimoine. Par contre, il est très rare d’y trouver trace de ces élus locaux qui ont contribué à la construction d’une cité. Il n’y a pas de mystère ; il faut alors retrouver les bonnes vieilles sources écrites.

Le problème c’est que quand on a mis le doigt dans l’engrenage, on se fait vite happer. Ainsi, je me suis attaché à la personne de Jean Janvier, premier édile de la ville de 1908 à 1923, qui est connu de tous les Rennais pour avoir donné son nom à l’imposante avenue qui part de la gare vers le centre-ville. Coup de bol, ce sympathique notable de la Troisième république a vu ses mémoires publiées il y a quelques années par les excellentes Presses universitaires de Rennes2. Par contre, baser entièrement un article sur cette source, ça fait un peu léger… Du coup, il n’y a guère d’autre solution que d’explorer les journaux de l’époque, notamment la collection complète des Ouest-Éclair qui occupe une entière armoire de microfilms au dernier étage des Champs Libres. Et là, c’est le drame…

Dans une langue qui sent bon les encriers et le sarrau troisièmerépublicain, on voit s’entrechoquer la politique étrangère et le banal accident de circulation ; quand la mise en coupe réglée du Maroc se retrouve à avoir autant d’importance que la mort de la veuve Denis dans un accident place de Bretagne. Et puis surtout, les joutes électorales de l’époque sont un ravissement : la menace de l’invasion bolchevico-maçonnique de la tranquille préfecture d’Ille-et-Vilaine est brandie quand le fort modéré socialiste Carle Bahon se retrouve au poste de premier magistrat en 1925.
On voit aussi en 1908, le ravissement de la presse locale quand un aussi honorable personnage que M. Janvier, déjà chevalier de la Légion d’honneur, accède au bureau de maire de la ville. Mais, au fait, qu’apprenons-nous de l’honorable Eugène Pinault3 qui l’a précédé en 1900 ?
Et c’est reparti pour un tour, on file chercher la bobine de mai 1900 et on retrouve encore les craintes qu’inspire l’Allemagne, les joies de la progression de la civilisation dans le Maghreb grâce à nos régiments coloniaux… et les accidents de circulation sur les quais encombrés de la Vilaine. Et aussi, on lit la satisfaction de voir une personnalité telle que M. Pinault mener les destinées de notre cité à l’orée du nouveau siècle.

Que fait alors le modeste wikipédien ? Il prend des notes, scanne les pages et se dit qu’il a, encore, les bases d’un nouvel article à écrire. Sera-t-il lu un jour ? Peu importe, ça fait toujours un lien rouge en moins !

1 : Dans ce cas aucun problème pour tomber sur le blog du plus obscur conseiller général, ce qui n’est pas sans poser des problèmes de neutralité, sans parler de l’admissibilité
2 : Jean Janvier (préface de Edmond Hervé), Quelques souvenirs, Presses universitaires de Rennes, coll. « Mémoire commune », Rennes, 2000, 339 p. (ISBN 2-86847-550-7). Édition, présentation et annotations de Jean-Yves Andrieux et Catherine Laurent.
3 : Aucun rapport avec un autre honorable M. Pinault, plus contemporain, qui ne sera sans doute jamais maire de Rennes.

vendredi 18 septembre 2009

Photographiez, il en restera toujours quelque chose


Il a surgi hier en fin de matinée en haut de toutes les pages de la Wikipédia francophone. Personne n'a pu le louper. « Il » c'est un bandeau spécialement apposé à l'occasion des Journées européennes du patrimoine : « Vous trouvez que Wikipédia manque de photos ? Vous pouvez nous aider ce week-end ! »

Message efficace et accrocheur : une façon de rappeler à nos nombreux lecteurs que Wikipédia, c'est eux, nous, tout le monde, qui le fait. Une façon intelligente de dire aussi : « arrêtez de râler sur le contenu de l'encyclopédie, venez participer. »
En effet, à l'heure où le numérique est entré dans tous les foyers, la photographie est devenu un hobby largement répandu. Or, malgré les efforts de certains contributeurs qui ont la manie de photographier l'insignifiant pour illustrer les articles, il faut bien avouer que bien des articles manquent d'illustrations. Au-delà de l'aspect cosmétique, c'est aussi une façon de montrer efficacement et simplement à quoi ressemble telle commune ou tel monument.
C'est donc une bonne idée d'utiliser le sitenotice pour encourager le développement de la base de données multimedia.

Mettons-nous donc dans la peau d'un lecteur lambda un instant et cliquons donc sur le lien. Nous voila arrivés sur une page qui explique comment faire pour contribuer à cette grande œuvre. En fait, on se rend compte qu'il y a deux options :
  • Soit on dispose d'un compte (ou on est prêt à en créer un) et on peut télécharger téléverser sans problème des photos sur Commons : tout est expliqué. On espère seulement que les utilisateurs peu familiarisés avec ce site penseront à bien remplir les rubriques nécessaires…
  • Soit on ne veut pas se créer de compte et le message explique la marche à suivre. Tout est dit, il suffit de suivre les indications. Les principaux problèmes sont évoqués : nécessité d'indiquer l'auteur, obligation de placer son travail sous licence libre, description du sujet (ça va mieux en le disant), interdiction de prendre en photo une œuvre d'art qui n'est pas libre. Après avoir lu tout ça, il suffit d'envoyer le tout à info-fr@wikimedia.org où les braves volontaires OTRS sauront gérer tout ça avec maestria.
En fait, c'est plus simple de s'ouvrir un compte, non ? Mais si ça peut permettre à des lecteurs de désacraliser le fait de participer, pourquoi pas. D'ailleurs, il y a déjà quelques photos dans la boîte à lettres.

Le problème, c'est que l'info a été reprise par Libé et, là, on ne s'embarrasse pas avec le point essentiel : les photos (et donc leur sujet) doivent être libres. On risque donc de pas mal s'amuser pour gérer tout ça : les volontaires OTRS sont des bénévoles et ont donc autre chose à faire, or nous ne sommes qu'une petite vingtaine (et encore, il y a quelques fantomes). De plus, il va falloir gérer les ajouts faits sur Commons par des contributeurs de bonne volonté mais peu au fait qu'il n'y a pas de liberté de panorama en France. Je crains qu'il y ait un nouvel afflux de Pyramide du Louvre, de Champs Libres ou de Tribunal de Bordeaux ; les balais commonsiens ne vont pas rester au placard dans les semaines à venir, je pense, et, là aussi, on manque un peu de bras (30 admins francophones).

Ceci dit, l'expérience vaut le coup d'être tentée. Surtout si des contributeurs vont arpenter nos vertes campagnes qui ont le plus besoin d'être immortalisées.

mardi 1 septembre 2009

Joie de lire, plaisir d’écrire


Je ne me voyais pas démarrer cette nouvelle année sans y aller de mon petit message. Ah, la douce odeur des cahiers neufs et des stylos qui ne tâchent pas encore les mains ! Plus de trente ans après ma première rentrée¹ des classes à l’école maternelle Sainte-Thérèse, je ressens chaque année la même émotion…

Hélas, dans notre monde informatisé des années 2010, les claviers ne sont pas changés chaque année et on n’a pas la chance² de rencontrer de nouveaux copains de classe à chaque début du mois de septembre. Heureusement, en élèves studieux de la Toile, nous avons le Wikiconcours !

Le Wikiconcours est une invention merveilleuse pour rappeler à leurs devoirs d’encyclopédistes ceux qui, comme moi, se contentent de rajouter quelques babioles dans des articles existants, voire de retirer des inepties, voire de censurer honteusement des futurs stars du football, de la chanson ou du catch…
Oui, en cette période de rentrée, nous voilà invités à reprendre le chemin des bibliothèques pour participer à l’effort d’étoffage de notre chère encyclopédie. La tâche paraît ingrate cette année : il s'agit de participer au « désébauchage » de ces articles idingents qui sont la honte de notre projet. Vaste tâche en fait…

Hier soir, profitant de quelque fraîcheur retrouvée après une chaude journée, nous baguenaudions à travers la catégorie des ébauches d’articles concernant Rennes : pas moins de 57 articles répertoriés, dont certains sur des articles majeurs pour ma bonne ville. C’est cet après midi que j’ai vraiment pris conscience la tâche qui nous attendais, mes camarades et moi. Je me suis attaqué à François-Charles Oberthür, industriel majeur du XIXe.
Première surprise, le texte était un vague ramassis entre l’entrepreneur et son entreprise. Pire, une des sociétés créées après le dépôt de bilan de la société mère a eu le bon goût de s'appeler comme le patriarche. Résultat : deux articles différents dans WP, un avec le tréma et le second, sans !
Deuxième surprise, un de ses rejetons, entomologiste reconnu, bénéficie d’un article sur la Wikipédia anglophone, mais rien en français…
Enfin, la dernière surprise, c’est celle de mes camarades de l’équipe 35 qui ne vont pas me trouver à l’heure aux Champs Libres.

Je file donc à la bibliothèque retrouver la sérénité dans l’odeur des vieux bouquins qui ne manqueront pas de m’apporter des réponses sur les vies et œuvres des membres de la famille Oberthur (ou Oberthür, je ne sais plus).

1 : Pourquoi d’ailleurs parler de rentrée alors que c’était la première fois que j’entrais à l’école ?
2 : Ou pas, comme sur WP, d’ailleurs…

vendredi 21 août 2009

Il y a des jours comme ça…

Cet été, je remarque que ma manie de photographier des bâtiments des communes les plus insignifiantes de France et de sa proche banlieue (Bretagne, Romandie, etc.) semble plus contagieuse que la fameuse H1N1. Chez mon collègue canidé, l'excellent Erdrokan¹ faisait part dès juin d'un risque de contamination. Les symptômes se sont aussi révélés en Lorraine où mon collègue bip-bip a exercé ses talents de chasseur au cours de ses congés.
Quant à moi, bien qu'ayant parcouru la France et une partie du canton de Vaud, je dois avouer que j'ai été un peu fainéant sur ce coup-là. Pourtant, que de belles contrées nous avons traversées au cours de ce mois d'août, qui plus est par ces sympathiques routes qui pénètrent au cœur des villages. Mais voilà, j'ai remarqué que ce n'était pas aisé de shooter en étant au volant de mon rutilant bolide, surtout à travers une vitre approximative de Plexiglas héritée d'un tragique passage dans le Centre. Et puis, les quelques clichés pris au vol lorsque mon compagnon se décidait à prendre le volant pour quelque temps se sont avérés décevants. Et quand la photo était bonne, il y avait déjà eu un foutographe pour lui tirer le portrait ; moi-même d'ailleurs². Bref, la récolte a été maigre et j'ai eu peur de ne pas être à la hauteur de ma réputation.

Alors, profitant des quelques jours de canicule chaleur supérieure à 20 °C qui se sont abattus sur la Bretagne, j’ai décidé d’aller me rafraîchir sur les bords de la Manche. J’avais évidemment pris la précaution de me munir de mon appareil pour immortaliser tout ce que le Nord de l’Ille-et-Vilaine compte de mairies, églises et autres monuments historiques divers. Première étape, la riante commune de Saint-Symphorien, dont l'article sur Wikipédia caractérise bien la dernière syllable du toponyme. Il faut dire que ce bourg n’a que quelques mois d’existence en tant que commune puisque il n’a été érigé en commune qu’en 2008. Voilà, pensais-je, un sujet idéal pour illustrer non seulement l’article sur la commune, mais aussi le trop peu connu [[Modifications des communes d'Ille-et-Vilaine]], voire le chapitre « évolution » de [[commune française]]. Arrivé devant ce grandiose bâtiment, symbole de la fierté saint-symphorienne retrouvée après des années d’oppression hédéenne, je sors donc mon Nikon de son étui. Et puis, la tuile : « batterie déchargée ». Il y a des jours comme ça…

1 : Excellent, le chocolat de la Bonbonnière l’est aussi. À bon entendeur…
2 : Au passage, je ne peux que me réjouir de voir que ImageAnnotator est désormais disponible sur Wikimedia Commons. Ça promet de mieux pouvoir tirer parti des images de la médiathèque en ligne.