mardi 3 avril 2012

Une vue de chantier

Souvent, au cause de l'absence de liberté de panorama en France, on est bien embêté pour prendre en photo certains monuments de conception récente.

Pour moi, c'est quand même beaucoup plus simple de s'intéresser à ce qui se passe devant.

Voici donc un chantier en Normandie, assez banal, en fin de compte.

dimanche 31 juillet 2011

De la réutilisation simple des œuvres libres

− par Jean-Fred

En préambule, je remercie chaleureusement Pymouss de m’accueillir en ces lieux. Je remercie aussi la twitto-blogo-sphère wikimédienne francophone de s’être enthousiasmée à l’annonce de ce billet, et de s’être proposée en nombre pour m’héberger.

Wikimedia Commons. La médiathèque des projets Wikimédia. Fonds multimédia d’une ampleur et d’une richesse inouïes. Porte-étendard du mouvement des œuvres libres. Lieu de discussions sans fin sur le droit d’auteur, copyright & co, licensing comme on dit par chez nous.

Il y a tout pile un mois (et je te l’apprends probablement ami lecteur) a été créé [[Commons:Village_pump/Copyright]], pour que les utilisateurs aient un lieu où poser des questions en rapport avec le copyright (si si). Comme beaucoup de pages de Commons, c’est en anglais, pas très compréhensible pour le gars de passage, et dans ma liste de suivi.

Or donc, consultais-je avant-hier ma liste de suivi que j’ai remarqué ce fil. Résumé.

La personne compose de la musique et écrit des chansons. Elle les met sur YouTube et Facebook, pour que vous et moi allions écouter cela, et dans l’espoir un peu fou que peut-être, un jour, un producteur tombe amoureux et lui propose un contrat (la personne précise bien qu’elle est lucide quant à la probabilité que cela arrive).

J’y croyais…
(Nevit Dilmen, CC-BY-SA)
Plutôt que de mettre sa trombine statique en arrière-plan, elle écume iStockphoto, banque d’images « microstock », à la recherche de visuels en rapport avec ses chansons et réaliser un clip minimaliste. Mais iStockphoto, ça coûte des sous, et tout ça pour des vidéos qui ne lui rapportent pas un rond. Et si quelqu’un un jour veut payer pour son œuvre, ce serait pour la musique, pas le clip. Et si ça arrive, elle supprimera les vidéos et voilà.

Et cette personne se demande (et nous demande) : « puis-je utiliser des images et des clips de Wikimedia Commons dans mes vidéos, sans le moindre risque d’amende, poursuite judiciaire ou perte de mes droits d’auteur sur mes chansons − réponse courte SVP ».

Un vieux briscard de Commons, habitué des discussions du genre, lui tint à peu près ce discours :
  • Réponse courte : « oui, c’est justement le genre de chose que l’on cherche à autoriser, mais gaffe aux clauses des licences. »

  • Réponse longue : 612 mots. Tout y passe. Explication de la distinction entre collective work et derivative work, la viralité des licences, la nécessité de créditer les auteurs et mentionner les licences, les sept pages de la GFDL à inclure, l’impossibilité de combiner de la GFDL et de la CC-BY-SA, la possibilité de choisir la licence que l’on préfère pour des œuvres sous licences multiples. Et que non, normalement ya pas de problème pour ses chansons.
Un autre briscard est passé après pour une autre réponse courte : 1/ Image du domaine public (PD ou CC0) → Utilise comme tu veux ; 2/ Image CC → Utilise et indique auteur et licence ; 3/ Aucun problème pour tes chansons.

Huh.

Il est fréquent que les gens qui veulent réutiliser des œuvres de Commons demandent la permission aux auteurs − j’ai entendu et lu beaucoup de contributeurs le dire. Certains se fendent même de pages où ils ré-explicitent que non, ya pas de souci.

C’est un peu un fail majeur que de devoir expliquer une des raisons d’être du projet. Clairement, on a un problème de pédagogie quelque-part. Mais j’essaye de ne pas trop dramatiser sur ce constat.

D’abord, je mets ça en partie sur le compte d’un manque d’éducation du grand public aux œuvres libres : oui monsieur, des films/musiques/photos que vous pouvez librement télécharger, regarder, diffuser et même vendre, ça existe. J’ai souvent vu l’incrédulité peinte sur le visage de mes interlocuteurs quand je leur disais qu’ils pouvaient imprimer et vendre des bouts de Wikipédia si ça leur chantait − et franchement ça se comprend.

Ensuite, je me dis que de notre côté on ne peut que s’améliorer niveau pédagogie et ergonomie. Les gros boutons « Réutiliser cette image » sont très récents par exemple.

Mais cette histoire est autre chose. Un type arrive avec un cas relativement simple. Ce qu’il cherche à faire est en plein dans ce que l’on cherche à permettre. Et la réponse complète à sa question « Je peux ? » est en 612 mots. La réponse courte lui demande de regarder quelle licence il veut utiliser et d’agir différemment selon.

Et là, par contre, je me dis que ça va pas s’améliorer avec le temps. Les textes de licences seront toujours aussi imbuvables pour le commun des mortels (moi compris). La viralité demeurera un concept abscons à l’application tordue. Il faudra toujours se traîner l’incompatibilité de la GFDL et ses sept pages de texte.

…fut un temps.
(M. Rehemtulla/QUOI Media Group, CC-BY)
Il y aura toujours les auteurs qui rajoutent des clauses aux licences (comme si elles n’étaient pas assez compliquées comme ça) : « Veuillez faire figurer mon nom à proximité immédiate de l’image  », « Vous devez impérativement laisser le watermark », « Vous devez me contacter si vous utilisez l’image », ou encore (ma préférée) « Pour utiliser sur média papier, veuillez me créditer avec mon vrai nom que vous obtiendrez en me contactant ». Et tant pis si ces clauses soient un abus des licences Creative Commons ou en trahissent complètement l’esprit.

Oh, on a essayé de faire mieux. Il y a trois ans, j’ai accueilli avec enthousiasme la Grande Migration, où adieu les sept pages de la GFDL, tout passait en CC-BY-SA. Las. Il y a eu ceux qui se sont opposées à la migration. Et il y a ceux qui maintenant, mettent sciemment leurs photos sous {{GFDL-1.2}} − j’ai beau avoir cherché, je n’ai jamais lu le début d’une explication à part « Emmerder les réutilisateurs (si possible les multinationales qui exploitent des enfants et vont se faire du fric sur mon dos, mais au cas où, tout le monde) ».

Des Commonistes ont essayé de faire la chasse aux clauses alakon (mises en plus gros que la photo et avec des chouettes couleurs tant qu’à faire, voire en incluant du foutage de gueule intégral), en s’attirant des regards noirs accompagnés de claquements de porte. Un jour, j’ai suggéré d’imposer aux utilisateurs qui utilisent des modèles personnalisés pour indiquer qu’ils sont l’auteur de l’indiquer aussi normalement dans le champ réservé à cet effet, et sur lequel se basent les outils style les gros boutons. On m’a répondu que c’était une mauvaise idée. Car il faut éviter de froisser les Vrais Contributeurs™, de peur qu’ils ne Quittent le Projet™. Le gars qui veut réutiliser des images ? Oh, lui.

Sur la porte d’entrée, il est écrit « Wikimedia Commons, une médiathèque de watmille fichiers librement réutilisables et que chacun peut enrichir ».

J’aurais tant aimé qu’il soit écrit « Wikimedia Commons, une médiathèque de watmille fichiers que chacun peut réutiliser ».

dimanche 24 octobre 2010

Gwez kistin eus Breizh-Izel

L'affaire est un de ces marronniers qui refont surface régulièrement dans notre encyclopédie en ligne préférée. Pour suivre l'ensemble des articles concernant les communes d'Ille-et-Vilaine et de Loire-Atlantique, soit une bonne partie de la Haute-Bretagne, je suis aux premières loges pour étudier le phénomène. Il s'agit, bien sûr, de l'opportunité d'indiquer le nom des communes en langue(s) régionale(s).

C'est vers 2005 que sont apparus de façon systématique les noms en breton pour toutes les communes des cinq départements ; une façon d'affirmer une identité régionale autour d'une langue reconnue en se basant sur le travail effectué par l'Ofis ar Brezhoneg, un institut reconnu publiquement.
Certes, mais toute la Bretagne n'a pas toujours parlé breton et, il est communément établi qu'à l'est d'une ligne Vannes - Saint-Brieuc, on se trouve en pays gallo. Point de nom breton, donc, mais il faut indiquer les noms dans le patois parler local, se sont donc exclamé certains ! Et c'est reparti pour un tour : on supprime toute trace du breton et on indique au contraire les noms dans un gallo plus ou moins normalisé. Au gré des modifications, on s'est donc retrouvé avec le nom de la commune en français agrémenté de sa version gallèse et/ou bretonne. Parfois plusieurs versions pour chacune…
Après m'être successivement senti proche d'un camp puis de l'autre, je me suis décidé à laisser courir et à observer d'un œil distrait ce qui pouvait se passer dans LdS.

C'était il y a quelques jours. Dans une de ses campagnes d'envergure dont il a le secret, un des plus actifs contributeurs de Wikipédia, héros grec jadis agrémenté d'un sigle bretonnisant, s'est mis en tête de mettre de l'ordre dans tout ça. Après tout, nous menons un travail sérieux et il n'est pas question de maintenir un tel foutoir ; il fallait agir. Fermement. L'angle d'attaque choisi est clair : « Débarrassons-nous du folklore porté par ces dénominations. » Après tout, pourquoi pas ; il est vrai que nous avons une wikipédia en breton plutôt active et chacune des communes bretonnes y a son article relié à la version francophone par un interwiki.

Sauf que ce qui pointe derrière ce point de vue m'interpelle. En caricaturant volontairement, je comprends presque : « Donnons une seule vision de la France et débarrassons-nous de tout ce qui dépasse dans ces annexes régionalistes qui sont là pour ça. »
Sauf que la Wikipédia en français, ce n'est pas la Wikipédia de la France.
Sauf que rien n'est forcément simple dans la Wikipédia en breton. Et ça, c'est l'objet d'un prochain post…

mardi 16 mars 2010

Ce blog vit-il encore ?

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Answer_to_Life.png

Ce week-end, lors de l’AG de Wikimédia France, quelques-uns de ceux qui se sont perdus sur ces pages m’ont demandé si mon blog était définitivement mort.

La réponse est : « NON »

À la question de savoir si quelque chose d’intéressant et de constructif allait y être bientôt, j’ai émis la seule réponse qui vaille en ces lieux : « 42 »

Alors évidemment, pourquoi faire un post pour avancer de telles banalités ? Bêtement pour faire un teaser et vous donner l’eau à la bouche en vous annonçant tout ce que vous pourrez bientôt découvrir ici :
Voila ce que vous pourrez lire bientôt dès que tout ça aura pris corps, dès que je saurais écrire correctement un post et dès que je me prendrai en main, surtout.

En attendant, j'en profite pour féliciter le nouveau secrétaire de Wikimédia France qui est issu de nos rangs : Nicolas (aka belett). Et ça c'est vraiment une vraie bonne nouvelle.

mercredi 27 janvier 2010

Naissances et morts sur Wikipédia


Une polémique traverse actuellement la Wikipédia anglophone : que faire des biographies de personnes vivantes ? L’excellent Wikipedia Signpost, qui est à notre Wikimag ce que le New York Times est à Télé Z, revient sur cette polémique dans sa dernière livrée. Un contributeur anglophone, Carcharoth, s’est livré à un petit exercice intéressant en analysant le nombre d’articles biographiques selon l’année de naissance et de décès de 1899 à 2010. Je vous invite à lire l’article et ses conclusions ici. En gros, on peut constater qu'il vaut mieux mourir récemment pour avoir le droit à son article (le pic est de 4 825 morts en 2008), ce qui n’est guère surprenant, et que la valeur n’attend pas le nombre des années puisque ce sont les natifs de 1982 qui sont les mieux représentés (8 577 ont leur article).

À la lecture de cet article, je me suis demandé si la version francophone suivait la même tendance. J'ai donc compilé les données des catégories « Naissance en XX » et « Décès en XX » pour les années 1899 à 2009. Cela donne le graphique ci-dessus.

Globalement pas de surprise : on observe aussi chez nous que les morts récents ont plus facilement droit à un article dans l’encyclopédie. C’est sans doute bien normal pour un site autant en prise avec l’actualité de consacrer facilement un article à une personnalité dont le décès récent génère beaucoup d’articles de presse et de livres. Il faut aussi bien constater que, dès qu’une mort est annoncé, on observe un pic de fréquentation sur WP. Ainsi, l’article sur Philippe Séguin a été consulté plus de 128 000 fois le jour de sa mort et celui sur Maxime Leroux, mort le 26 janvier, est passé de moins de 100 visites à plus de 18 000. Avec de tels chiffres, il n’est pas étonnant qu’un contributeur un peu chevronné passe par là et catégorise l’article dans la catégorie qui va bien, ici [[Catégorie:Décès en 2010]]. C’est beaucoup moins évident quand un rare visiteur passe sur l’article consacré à la fort peu médiatique Renée Prévert, morte en 1988.
D’autre part, avec 133 985 naissances contre 54 934 décès sur la période étudiée, on a bien la confirmation que Wikipédia s’intéresse avant tout aux personnes vivantes. Bien évidemment, et vous comme moi en sommes la preuve, tous les gens nés au XXe siècle ne sont pas encore morts et la population mondiale a fortement augmenté au cours du siècle dernier. Cependant, la différence entre les deux nombres montre que la notoriété immédiate ne signifie pas que la trace laissée dans l’histoire sera marquante. Certains suppressionnistes auraient tôt fait d’envisager d’appliquer les mêmes critères aux personnalités contemporaines qu’aux plus anciens, et donc supprimer toute une flopée de joueurs de football moldaves ou d’actrices porno péruviennes. N’est-ce pas au contraire la richesse de Wikipédia de mettre à disposition du plus grand nombre des informations sur des personnes aussi diverses et ainsi d’être un témoignage du présent ? Qui sait si ces informations ne seront pas utile à qui voudra faire une histoire du football moldave dans cinquante ans…

En regardant plus finement les courbes, on observe, sur frWP comme sur enWP, deux pics de mortalité aux années 1918 et 1944-45 : sans doute la mort en fin d’un conflit mondial est-il un gage pour entrer dans l’histoire… Quant aux naissances, on observe deux maxima intéressants. Les natifs de la période 1972-85 sont plus de 2000 par an à avoir un article, alors que les pays industrialisés sortaient du baby-boom ; c’est sans doute la marque de la sur-représentation des sportifs en activité (ou jeunes retraités), des acteurs et chanteurs à la notoriété inversement proportionnelle à l’âge et, aussi, des personnalités liées au monde informatique. En gros, des personnes qui savent créer le buzz. Par contre, on remarque que les personnes nées dans l’immédiat après-guerre sont aussi bien représentées (2 001 natifs de 1947). Carcharoth y voit un effet démographique lié au baby-boom. Personnellement, je pense plutôt que cette abondance de sexagénaires est une marque que les notables actuels sont plutôt bien présents dans l’encyclopédie : politiciens, journalistes, écrivains, scientifiques… Eux aussi sont dans l’actualité, ils sont donc dans Wikipédia.

Enfin, je n’ai pas pu m’empêcher d’être sidéré par le nombre d’articles présents dans la [[Catégorie:Date de naissance inconnue (XXe siècle)]] (2 457 personnes). Soit il y a beaucoup de personnes si peu notables qu’on ne peut retrouver leur date de naissance, soit les wikipédiens ne s’intéressent pas beaucoup à une personne au moment de créer un article et ne vont même pas à la bibliothèque du coin consulter le Who’s who?. En tout cas, ce chiffre permet de penser que l’autopromo reste pour le moment un phénomène marginal.

vendredi 1 janvier 2010

Nous y voila !


Ça y est, c’est fait : comme prévu, 2009 n’a pas passé la nuit.

C’est maintenant l’heure des bonnes résolutions, des souhaits pour l’an neuf (qui est donc l’an dix). Alors, encore un peu entêté par les effluves d’une nuit de réveillon, je souhaite tout simplement que 2010 soit une année où vos projets se réaliseront, où les inévitables difficultés que connait chacun seront vaincues.

Je souhaite aussi que la connaissance sous toutes ses formes soit encore mieux partagée, librement et gratuitement, à travers Wikipédia, Wikisource et Commmons notamment. Qu’en 2010, les synergies qui éclosent grâce à ce formidable outil qu’est Internet continuent à se développer et que chacun apporte, modestement, sa participation à essayer de rendre ce monde un peu meilleur.

Bonne année à tous.

lundi 28 décembre 2009

Vivement l’année prochaine !


À l’aube de cette nouvelle décennie, je fais comme tout le monde et j’essaie de faire un bilan de l’année pas encore finie. Vu que je ne parle quasiment que de Wikipédia et des projets frères en ces lieux, je ne vais pas vous surprendre en évoquant l’un d’eux qui me tient à cœur.

Ça a dû germer au moment de la journée du patrimoine où, faute de faire la promo des projets Wikimédia comme cela fut un temps évoqué, nous avons décidé avec certains wikipédiens rennais d’orienter nos visites en fonction des besoins de Commons pour étoffer la [[Category:Monuments historiques in Rennes]]. Entre les gouttes de pluie, la moisson a été riche : hôtel de Courcy, hôtel Oberthür, etc. Mais le problème était de donner un peu de sens à tout ça, notamment grâce à la base Mérimée, mise en œuvre par le ministère de la Culture et particulièrement bien fournie en Ille-et-Vilaine.

Hélas, en parcourant cette base exhaustive des monuments historiques français, quelle ne fut pas ma déception de voir que la plupart d'entre eux n'était pas illustrée ou alors avec des images bien peu représentatives. Alors on s'est mis à arpenter les rues de Rennes à la poursuite de la grosse centaine de MH que compte notre belle ville. L’objectif initial était plus ou moins de compléter en couleurs et en bonne qualité ce que Mérimée avait déjà. Évidemment, comme chaque participation à un projet Wikimédia, il s'agit de partager tout ça sous licence libre.

Et puis la machine s'est emballée. Un modèle {{Mérimée}} a été créé pour lier chaque photo à la fiche idoine dans la base. Des monuments déjà abondamment photographiés, mais à chaque fois sous le même angle, on été revisités, comme le Parlement de Bretagne et sa place, ou Notre-Dame-en-Saint-Melaine. Des façades ont été auscultées pour en faire ressortir d’insoupçonnés détails (sur la cathédrale, par exemple). Bref, en fin de compte, tous les MH de Rennes sont désormais photographiés.

Il ne reste plus qu’à les transférer sur Commons, a mettre le lien vers la bonne fiche Mérimée, à géolocaliser correctement et à trouver (et/ou créer) les catégories idoines pour que tout ça soit exploitable. Autant dire que Rennes sera sans doute la première grande ville française à avoir une photo libre de chacun de ses monuments historiques. Mais ce sera en 2010 !

Bonne fin d'année.

mercredi 18 novembre 2009

Du bon usage des listes

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Palais_Bourbon_-_Jules-Ars%C3%A8ne_Garnier.JPG
Une récente votation l’a confirmé : sur la Wikipédia francophone, une liste ne peut être de qualité. Soit, puisque la communauté l’a décidé, c’est que ça doit être vrai. C’est donc aussi que le boulot qui est fait pour l’élaboration d’une liste n’est pas du travail encyclopédique, enfin, en tout cas, c’est ce que certains laissent entendre dans leurs arguments.
Comme d’habitude, je n’ai pas pris part à cette consultation, pensant peut-être ingénument que la rédaction d’articles est souvent une occupation plus enrichissante sur Wikipédia que la participation à ces grands débats qui font florès. Sur le coup, je dois bien dire que je me suis quand même senti un peu con.

Il se trouve que, entre le « wikisourçage » des rues de Rennes et la « Commonsisation » des monuments historiques de ma bonne ville, il m’arrive de m’occuper des élus ayant représenté mon département à l’Assemblée nationale. Récemment, je me suis occupé de la liste qui leur est consacrée sur Wikipédia.

Il y a quelque temps, je l’avais déjà enrichie des noms de tous ceux qui avait été députés depuis la Libération. Sur Wikipédia, on a souvent l’impression que l’histoire politique française a commencé avec la XIIe législature de la Cinquième République, celle qui a commencé en 20021, comme l’essor de la version de la version francophone de l’encyclopédie en ligne. Autant dire que ça demande un certain boulot de fouilles dans les archives de remonter jusqu’en 1945.

À l’image de ce qu'avait initié mon camarade amateur de jus de raisin sur la liste des maires de Rennes, j’ai trouvé intéressant d’agrémenter cette liste d’une frise chronologique permettant, d’un coup d’œil, d’avoir une vision synthétique de l’évolution politique d’un territoire. Bien sûr, certains des raccourcis que j’ai choisis2 sont critiquables, mais le principe d’une liste est de synthétiser les informations et d’inviter le lecteur à découvrir les articles dédiés à chacun de ces élus.

En farfouillant un peu, je suis tombé sur une liste de députés que je ne connaissais pas : celle des élus de la VIIe législature de la Cinquième République3. Là, je dois dire que j’ai eu un choc : liste indigeste basée uniquement sur l’ordre alphabétique et, surtout, aucune étiquette politique n’est indiquée.

Je ne suis pas sûr de faire des listes de qualité en m’attaquant aux députés bretons4, mais je suis sûr que les listes de daube, ça existe bel et bien sur Wikipédia !

1 : Parfois même c’est encore pire ; au hasard, allez jeter un œil sur la liste des députés de la Seine-Maritime.
2 : J’ai ainsi délibérément choisi d’affecter la même couleur aux députés MRP, UDF et Nouveau Centre au nom d’une certaine continuité idéologique et d’un positionnement revendiqué au centre-droit ; idem pour ceux du RPF, de l’UNR, du RPR et de l’UMP. La création de l’UMP en 2002 fait que nombre d’entre eux changent de couleur dans la frise, sans pour autant que cela marque une évolution idéologique notable.
3 : Seuls députés de la Cinquième élus à la proportionnelle, il était, il est vrai, difficile de les faire figurer dans un des articles consacrés à chacune des circonscriptions législatives.
4 : Je me suis ensuite attaqué aux élus de Loire-Inférieure (puis Atlantique) voisine avant d’envisager d’appliquer la même méthode aux trois autres départements bretons.

samedi 14 novembre 2009

En flanant dans les rues


Il y a quelque temps, dans un précédent billet, je vous faisais part de mon engouement pour ces illustres personnages de ma bonne ville de Rennes que j'essaie, modestement, de faire sortir de l'oubli en leur consacrant quelques lignes dans Wikipédia.

Or donc, en un jour pluvieux, je me retrouvais tout en haut de la bibliothèque des Champs Libres à chercher quelque information propre à alimenter « mes » articles quand je suis tombé sur une perle. Bien sûr, l'objet ne paie pas de mine : un mince volume coincé entre deux imposantes anthologies consacrées à l'histoire de la Bretagne. Mais, sa date de publication m'a interpellé : 1883. Voilà donc un ouvrage qui est dans le domaine public et aurait donc sa place dans Wikisource !

Je remarque ici que, tout à l'enthousiasme de ma découverte conjointe de Wikisource et du Dictionnaire de Trévoux, je n'ai guère parlé de ce projet dans un billet de juillet. Alors, pour ceux qui l'ignore, ce projet méconnu soutenu par la Wikimedia Foundation est formidable. Il s'agit d'un wiki dont le but est de collecter les scans d'œuvres libres pour les retranscrire et en favoriser ainsi la libre utilisation par tout un chacun.
Quand un wikisourcien a dans les mains un ouvrage tombé dans le domaine public, ce n'est pas l'instinct du bibliophile qui s'éveille en lui ; point d'émotion devant des pages marquées par le temps et couvertes d'inscription presque illisibles. Au contraire, plus le texte est lisible, mieux ça vaut : dans le cas des Notices sur les Rues, Ruelles, Boulevards, Quais, Ponts, Places & Promenades de la ville de Rennes, point de souci, les pages sont propres et le texte apparaît clairement. Direction donc le scanner que la bibliothèque met aimablement à la disposition de ses lecteurs et, après quelques tâtonnements informatiques1, le fichier scanné est intégré à Wikisource. Les « cyber-moines copistes » peuvent commencer leur travail et ça va bon train. La version finalisée du texte est consultable sur cette page, elle concerne les 48 premières pages − lues, relues et validées − d'un livre qui en compte 93. Autant dire que très prochainement tout le texte du livre sera en ligne.

Une fois passée la satisfaction du projet bien enclenché, à défaut d'être fini, se pose la question inévitable : « C'est bien gentil tout ça, mais ça sert à quoi ? »

Il est vrai que l'intérêt « wikipédien » d'un tel ouvrage ne saute pas forcément aux yeux. L'encyclopédie étant ce qu'elle est, l'intérêt d'avoir un article dédié à toutes les rues de villes importantes est régulièrement débattu. Ainsi, en juillet 2008, une PàS musclée concernait des listes de rues belges. Un des débatteurs avait sorti une formule qui fait désormais florès : « On peut difficilement comparer les rues de Bruxelles avec les rues de Paris, pour lesquelles existe une bibliographie importante où la plupart des rues de Paris sont traitées et commentées » ; ce que certains ont eu tendance à résumer en : « les seules rues méritant d'avoir un article dans WP sont celles de Paris ».
Sans abonder cette position extrémiste, force est de constater que Wikipédia n'est peut-être pas le lieu idéal pour avoir un article sur chacune des rues de Rennes2. Un article aurait sa place sur un wiki territorial, comme WikiBrest ou WikiManche, mais il n'existe pas (encore ?) de tel site communautaire sur Rennes ou sur l'Ille-et-Vilaine.
Une lecture attentive des Notices sur les Rues, Ruelles, Boulevards, Quais, Ponts, Places & Promenades de la ville de Rennes permet cependant de dénicher certaines informations qui méritent d'être partagées dans l'encyclopédie en ligne. Pour ne citer qu'un exemple, on y trouve quelques éléments de biographie sur Hippolyte-Jean-François Le Graverend, un ancien député qui aurait sa place dans Wikipédia.

Personnellement, je pense que l'intérêt est surtout patent pour tous ceux qui s'intéresse à l'histoire de la ville. En dressant un inventaire exhaustif des rues de la capitale bretonne, cet ouvrage permet d'en tracer un plan précis qui peut être comparé avec le tissu urbain actuel. Pour ce faire, il existe un formidable outil libre pour cartographier un territoire : c'est OpenStreetMap. Le géographe libriste que je suis est forcément intéressé par ce projet mondial de carte coopérative libre. À Rennes, il y a une très active communauté qui a réalisé la cartographie de la totalité de la commune. C'est parfait pour faire des cartes libres de la ville et retrouver facilement son chemin. Par contre un truc me chiffonne : je ne sais pas comment faire pour ajouter quelque part un calque indiquant les rues existant à la fin du XIXe siècle. Voilà pourtant une application que j'aimerais bien voir développée.

Et puis cela permettrait sans doute d'avoir une carte d'évolution urbaine plus exacte que celle que j'ai réalisée pour l'article Rennes de Wikipédia.

1 : Il s’agissait là de mon premier apport à Wikisource à partir d’un document sur papier, d’où un scan parfois un peu de biais et un fichier DjVu pas terrible, malgré de bons scans et une page d’aide très utile.
2 : Malgré une exploration du site de la ville, il est d’ailleurs impossible de savoir facilement combien il y en a actuellement ; il y en avait 206 en 1883.

mercredi 21 octobre 2009

Ça fait drôle de vieillir

Il y a quelque temps, l'aimable canidé helvétique nous faisait partager son sentiment sur la bizarrerie des relations entre wikipédiens.

Aujourd’hui, à chaque fois que je vais sur Wikipédia, un bandeau jaune surgit en haut de la page : « Vous avez un nouveau message ». Pas de panique cependant, je sais qu’une fois par an, les messages qui s’accumulent tout au long de la journée seront plutôt sympas pour cause d’anniversaire. Grâce en soit rendue à un modèle qui apparait chaque jour sur le Bistro et rappelle quels sont les valeureux contributeurs qui vieillissent en ce jour.

Comme dans la vraie vie, ça peut en énerver certains ; libre à eux de ne pas s’inscrire dans la liste en question. Personnellement, j’aime bien ça. Peut-être parce que c’est souvent l’occasion de venir faire un petit salut sur la page de gens dont on apprécie les contributions.

Au mitan de cette journée, vingt-deux y sont allés de leur petit message ; dans le lot, j’en connais tout juste 50 % en vrai, et quelques autres avec lesquels j’échange régulièrement via IRC.
Ce qui m’interpelle chaque année, c’est de voir que nombreux sont ceux que j’ai rarement, voire jamais, croisés qui viennent me saluer. Même quand on est plutôt discret dans les différentes pages de discussion, ça fait drôle. Mon ego me pousserait à croire que mes actions sont plutôt appréciées. Plus prosaïquement, je pense qu’il doit y avoir des spécialistes du bonanniversairage qui cherchent par là une certaine reconnaissance.

Décidément, sur WP comme ailleurs sur le Net, les voies de la convivialité sont assez tortueuses.

vendredi 16 octobre 2009

Que reste-t-il de nos cent ans ?



Le Wikiconcours « flash » de septembre dernier a été l’occasion pour l’équipe à laquelle je participais de se plonger dans l’histoire de notre ville : Rennes. Déjà, il y a un an de cela, nous avions constaté que notre cité plus que bimillénaire méritait mieux que l’article indigent qui lui était consacré dans Wikipédia. Notre angle d’attaque de cette année était les personnalités marquantes de l’histoire de la ville, et plus particulièrement ses maires.

Le problème est que l’on est vite confronté aux limites d’internet quand il s’agit de parler de l’histoire récente. Les règles de la Toile faisant que l’on est soit dans une logique de promotion immédiate de ce que l’on fait1, soit dans un souci de valorisation du patrimoine historique à travers les sites plus ou moins mis à jour des érudits locaux ou les inventaires abscons du patrimoine. Par contre, il est très rare d’y trouver trace de ces élus locaux qui ont contribué à la construction d’une cité. Il n’y a pas de mystère ; il faut alors retrouver les bonnes vieilles sources écrites.

Le problème c’est que quand on a mis le doigt dans l’engrenage, on se fait vite happer. Ainsi, je me suis attaché à la personne de Jean Janvier, premier édile de la ville de 1908 à 1923, qui est connu de tous les Rennais pour avoir donné son nom à l’imposante avenue qui part de la gare vers le centre-ville. Coup de bol, ce sympathique notable de la Troisième république a vu ses mémoires publiées il y a quelques années par les excellentes Presses universitaires de Rennes2. Par contre, baser entièrement un article sur cette source, ça fait un peu léger… Du coup, il n’y a guère d’autre solution que d’explorer les journaux de l’époque, notamment la collection complète des Ouest-Éclair qui occupe une entière armoire de microfilms au dernier étage des Champs Libres. Et là, c’est le drame…

Dans une langue qui sent bon les encriers et le sarrau troisièmerépublicain, on voit s’entrechoquer la politique étrangère et le banal accident de circulation ; quand la mise en coupe réglée du Maroc se retrouve à avoir autant d’importance que la mort de la veuve Denis dans un accident place de Bretagne. Et puis surtout, les joutes électorales de l’époque sont un ravissement : la menace de l’invasion bolchevico-maçonnique de la tranquille préfecture d’Ille-et-Vilaine est brandie quand le fort modéré socialiste Carle Bahon se retrouve au poste de premier magistrat en 1925.
On voit aussi en 1908, le ravissement de la presse locale quand un aussi honorable personnage que M. Janvier, déjà chevalier de la Légion d’honneur, accède au bureau de maire de la ville. Mais, au fait, qu’apprenons-nous de l’honorable Eugène Pinault3 qui l’a précédé en 1900 ?
Et c’est reparti pour un tour, on file chercher la bobine de mai 1900 et on retrouve encore les craintes qu’inspire l’Allemagne, les joies de la progression de la civilisation dans le Maghreb grâce à nos régiments coloniaux… et les accidents de circulation sur les quais encombrés de la Vilaine. Et aussi, on lit la satisfaction de voir une personnalité telle que M. Pinault mener les destinées de notre cité à l’orée du nouveau siècle.

Que fait alors le modeste wikipédien ? Il prend des notes, scanne les pages et se dit qu’il a, encore, les bases d’un nouvel article à écrire. Sera-t-il lu un jour ? Peu importe, ça fait toujours un lien rouge en moins !

1 : Dans ce cas aucun problème pour tomber sur le blog du plus obscur conseiller général, ce qui n’est pas sans poser des problèmes de neutralité, sans parler de l’admissibilité
2 : Jean Janvier (préface de Edmond Hervé), Quelques souvenirs, Presses universitaires de Rennes, coll. « Mémoire commune », Rennes, 2000, 339 p. (ISBN 2-86847-550-7). Édition, présentation et annotations de Jean-Yves Andrieux et Catherine Laurent.
3 : Aucun rapport avec un autre honorable M. Pinault, plus contemporain, qui ne sera sans doute jamais maire de Rennes.

vendredi 18 septembre 2009

Photographiez, il en restera toujours quelque chose


Il a surgi hier en fin de matinée en haut de toutes les pages de la Wikipédia francophone. Personne n'a pu le louper. « Il » c'est un bandeau spécialement apposé à l'occasion des Journées européennes du patrimoine : « Vous trouvez que Wikipédia manque de photos ? Vous pouvez nous aider ce week-end ! »

Message efficace et accrocheur : une façon de rappeler à nos nombreux lecteurs que Wikipédia, c'est eux, nous, tout le monde, qui le fait. Une façon intelligente de dire aussi : « arrêtez de râler sur le contenu de l'encyclopédie, venez participer. »
En effet, à l'heure où le numérique est entré dans tous les foyers, la photographie est devenu un hobby largement répandu. Or, malgré les efforts de certains contributeurs qui ont la manie de photographier l'insignifiant pour illustrer les articles, il faut bien avouer que bien des articles manquent d'illustrations. Au-delà de l'aspect cosmétique, c'est aussi une façon de montrer efficacement et simplement à quoi ressemble telle commune ou tel monument.
C'est donc une bonne idée d'utiliser le sitenotice pour encourager le développement de la base de données multimedia.

Mettons-nous donc dans la peau d'un lecteur lambda un instant et cliquons donc sur le lien. Nous voila arrivés sur une page qui explique comment faire pour contribuer à cette grande œuvre. En fait, on se rend compte qu'il y a deux options :
  • Soit on dispose d'un compte (ou on est prêt à en créer un) et on peut télécharger téléverser sans problème des photos sur Commons : tout est expliqué. On espère seulement que les utilisateurs peu familiarisés avec ce site penseront à bien remplir les rubriques nécessaires…
  • Soit on ne veut pas se créer de compte et le message explique la marche à suivre. Tout est dit, il suffit de suivre les indications. Les principaux problèmes sont évoqués : nécessité d'indiquer l'auteur, obligation de placer son travail sous licence libre, description du sujet (ça va mieux en le disant), interdiction de prendre en photo une œuvre d'art qui n'est pas libre. Après avoir lu tout ça, il suffit d'envoyer le tout à info-fr@wikimedia.org où les braves volontaires OTRS sauront gérer tout ça avec maestria.
En fait, c'est plus simple de s'ouvrir un compte, non ? Mais si ça peut permettre à des lecteurs de désacraliser le fait de participer, pourquoi pas. D'ailleurs, il y a déjà quelques photos dans la boîte à lettres.

Le problème, c'est que l'info a été reprise par Libé et, là, on ne s'embarrasse pas avec le point essentiel : les photos (et donc leur sujet) doivent être libres. On risque donc de pas mal s'amuser pour gérer tout ça : les volontaires OTRS sont des bénévoles et ont donc autre chose à faire, or nous ne sommes qu'une petite vingtaine (et encore, il y a quelques fantomes). De plus, il va falloir gérer les ajouts faits sur Commons par des contributeurs de bonne volonté mais peu au fait qu'il n'y a pas de liberté de panorama en France. Je crains qu'il y ait un nouvel afflux de Pyramide du Louvre, de Champs Libres ou de Tribunal de Bordeaux ; les balais commonsiens ne vont pas rester au placard dans les semaines à venir, je pense, et, là aussi, on manque un peu de bras (30 admins francophones).

Ceci dit, l'expérience vaut le coup d'être tentée. Surtout si des contributeurs vont arpenter nos vertes campagnes qui ont le plus besoin d'être immortalisées.

mardi 1 septembre 2009

Joie de lire, plaisir d’écrire


Je ne me voyais pas démarrer cette nouvelle année sans y aller de mon petit message. Ah, la douce odeur des cahiers neufs et des stylos qui ne tâchent pas encore les mains ! Plus de trente ans après ma première rentrée¹ des classes à l’école maternelle Sainte-Thérèse, je ressens chaque année la même émotion…

Hélas, dans notre monde informatisé des années 2010, les claviers ne sont pas changés chaque année et on n’a pas la chance² de rencontrer de nouveaux copains de classe à chaque début du mois de septembre. Heureusement, en élèves studieux de la Toile, nous avons le Wikiconcours !

Le Wikiconcours est une invention merveilleuse pour rappeler à leurs devoirs d’encyclopédistes ceux qui, comme moi, se contentent de rajouter quelques babioles dans des articles existants, voire de retirer des inepties, voire de censurer honteusement des futurs stars du football, de la chanson ou du catch…
Oui, en cette période de rentrée, nous voilà invités à reprendre le chemin des bibliothèques pour participer à l’effort d’étoffage de notre chère encyclopédie. La tâche paraît ingrate cette année : il s'agit de participer au « désébauchage » de ces articles idingents qui sont la honte de notre projet. Vaste tâche en fait…

Hier soir, profitant de quelque fraîcheur retrouvée après une chaude journée, nous baguenaudions à travers la catégorie des ébauches d’articles concernant Rennes : pas moins de 57 articles répertoriés, dont certains sur des articles majeurs pour ma bonne ville. C’est cet après midi que j’ai vraiment pris conscience la tâche qui nous attendais, mes camarades et moi. Je me suis attaqué à François-Charles Oberthür, industriel majeur du XIXe.
Première surprise, le texte était un vague ramassis entre l’entrepreneur et son entreprise. Pire, une des sociétés créées après le dépôt de bilan de la société mère a eu le bon goût de s'appeler comme le patriarche. Résultat : deux articles différents dans WP, un avec le tréma et le second, sans !
Deuxième surprise, un de ses rejetons, entomologiste reconnu, bénéficie d’un article sur la Wikipédia anglophone, mais rien en français…
Enfin, la dernière surprise, c’est celle de mes camarades de l’équipe 35 qui ne vont pas me trouver à l’heure aux Champs Libres.

Je file donc à la bibliothèque retrouver la sérénité dans l’odeur des vieux bouquins qui ne manqueront pas de m’apporter des réponses sur les vies et œuvres des membres de la famille Oberthur (ou Oberthür, je ne sais plus).

1 : Pourquoi d’ailleurs parler de rentrée alors que c’était la première fois que j’entrais à l’école ?
2 : Ou pas, comme sur WP, d’ailleurs…

vendredi 21 août 2009

Il y a des jours comme ça…

Cet été, je remarque que ma manie de photographier des bâtiments des communes les plus insignifiantes de France et de sa proche banlieue (Bretagne, Romandie, etc.) semble plus contagieuse que la fameuse H1N1. Chez mon collègue canidé, l'excellent Erdrokan¹ faisait part dès juin d'un risque de contamination. Les symptômes se sont aussi révélés en Lorraine où mon collègue bip-bip a exercé ses talents de chasseur au cours de ses congés.
Quant à moi, bien qu'ayant parcouru la France et une partie du canton de Vaud, je dois avouer que j'ai été un peu fainéant sur ce coup-là. Pourtant, que de belles contrées nous avons traversées au cours de ce mois d'août, qui plus est par ces sympathiques routes qui pénètrent au cœur des villages. Mais voilà, j'ai remarqué que ce n'était pas aisé de shooter en étant au volant de mon rutilant bolide, surtout à travers une vitre approximative de Plexiglas héritée d'un tragique passage dans le Centre. Et puis, les quelques clichés pris au vol lorsque mon compagnon se décidait à prendre le volant pour quelque temps se sont avérés décevants. Et quand la photo était bonne, il y avait déjà eu un foutographe pour lui tirer le portrait ; moi-même d'ailleurs². Bref, la récolte a été maigre et j'ai eu peur de ne pas être à la hauteur de ma réputation.

Alors, profitant des quelques jours de canicule chaleur supérieure à 20 °C qui se sont abattus sur la Bretagne, j’ai décidé d’aller me rafraîchir sur les bords de la Manche. J’avais évidemment pris la précaution de me munir de mon appareil pour immortaliser tout ce que le Nord de l’Ille-et-Vilaine compte de mairies, églises et autres monuments historiques divers. Première étape, la riante commune de Saint-Symphorien, dont l'article sur Wikipédia caractérise bien la dernière syllable du toponyme. Il faut dire que ce bourg n’a que quelques mois d’existence en tant que commune puisque il n’a été érigé en commune qu’en 2008. Voilà, pensais-je, un sujet idéal pour illustrer non seulement l’article sur la commune, mais aussi le trop peu connu [[Modifications des communes d'Ille-et-Vilaine]], voire le chapitre « évolution » de [[commune française]]. Arrivé devant ce grandiose bâtiment, symbole de la fierté saint-symphorienne retrouvée après des années d’oppression hédéenne, je sors donc mon Nikon de son étui. Et puis, la tuile : « batterie déchargée ». Il y a des jours comme ça…

1 : Excellent, le chocolat de la Bonbonnière l’est aussi. À bon entendeur…
2 : Au passage, je ne peux que me réjouir de voir que ImageAnnotator est désormais disponible sur Wikimedia Commons. Ça promet de mieux pouvoir tirer parti des images de la médiathèque en ligne.

vendredi 14 août 2009

Il n’y a pas de commune dans le canton de Vaud


On a parfois d’étranges surprises quand on revient de vacances. Il y a bien sûr l’inévitable monceau de publicités variées qui traînent dans la boîte aux lettres, les courriels abscons qui bouffent de l’espace pour vanter tel produit miracle et la douloureuse surprise de constater que l’on est partis un peu précipitamment en oubliant de faire la vaisselle. Tout ça, c’est normal et ça fait partie du jeu.

Depuis que je participe à Wikipédia, j’ai aussi une manie : faire le tour des articles de l’encyclopédie pour voir ce qui est dit des merveilleux endroits où je suis allé. Et là, surprise, aucune des communes vaudoises que j’ai parcourues n’était catégorisée. Il y a avait bien quelques communes du Lavaux classées dans la catégorie Site construit à protéger en Suisse mais celà ne me semble pas trop en phase avec le souci de classer au mieux les articles. Le premier instant de surprise passé, je me suis rendu compte que celà était le cas depuis longtemps, en tout cas depuis le passage de StefBot le soir du 14 décembre 2007 (!).

Je ne m’étonne plus des agissements étranges de bots qui semblent, tels des automates cellulaires avoir leur propre existence. Ce qui m’interpelle le plus, c’est qu’aucun membre de la très active Cabale romande ne s’en soit aperçu avant moi.

La Suisse et Wikipédia sont décidément pleines de surprises !

lundi 3 août 2009

Où c’est donc ?


Pour faire la suite de mon post précédent, je voudrais envoyer quelques fleurs à un site très utile qui s'est bien amélioré depuis peu.

En plus de catégoriser et de décrire de façon la plus complète possible lorsque je téléverse des images sur Wikimedia Commons, j'essaie également de géolocaliser mes photos. C'est sans doute un défaut de géographe de penser que le lieu fait sens. Je pense cependant que cette indication a de nombreux avantages :
  1. Un article de Wikipédia n'est pas toujours géolocalisable ; le fait d'indiquer où la photo a été prise permet de voir quelle partie d'un vaste site ou d'un élément géographique est représentée (je pense notamment aux cours d'eau, aux massifs montagneux, etc.).
  2. Donner une indication précise permet à un wiki-photographe d'aller refaire une photo du même lieu dans un contexte différent : avec une meilleure lumière, à une autre saison, lors d'un évènement particulier, après la destruction d'un bâtiment, etc.
  3. Grâce à l'extension GeoCommons de Google Maps, on se rend aisément compte des lieux d'un ville ou d'une agglomération qui mériteraient d'être mieux couverts (voir cet exemple).
Hélas, mon appareil photographique n'est pas doté d'un GPS intégré et il me faut localiser les clichés après coup. On a vite fait le tour des sites qui retrouver aisément les coordonnées du lieu où se trouve. Google Maps permet d'avoir une bonne définition de photos aériennes, mais il ne dispose pas de système indiquant les coordonnées du lieu et je pense que la projection choisie ne respecte pas tout à fait le Lambert II en usage en France. Google Earth permet d'avoir les ccordonnées d'un point mais n'aime guère mon Ubuntu et ça plante très vite.

Il reste donc le Géoportail de l'IGN. Premier défaut du site : il est franco-centré mais ça ne me pose guère de problème pour 99 % des photos que je fais. Deuxième défaut, la qualité des photos aériennes est moins bonne que celle de Gougueule mais on réussit quand même à se répérer, surtout que la définition est la même pour l'ensemble du territoire.
Le troisième défaut qui existait jusqu'alors était l'extrême difficulté à se repérer en ville. Le meilleur niveau de définition des cartes était alors le 1/25 000 : idéal en campagne pour repérer et nommer telle chapelle ou tel château mais bien peu utile en ville. Heureusement, l'Institut géographique national a décidé d'ajouter une couche de plan de villes, ce qui permet de gagner considérablement en rapidité de repérage. Encore plus fort depuis quelques jours, la page d'acueil permet de se rendre directement à une adresse définie en remplissant la bonne case.

Je n'ai toujours pas l'intention de faire l'acquisition d'un GPS pour localiser avec une précision fine (et àmha inutile) mes photos. Je suis de ceux qui pensent que rien ne remplace une bonne carte.

L’Helvétie pour les lanternes


C’était il y a quelques jours. Sur le canal IRC de wikipedia, un contributeur faisait part de sa prochaine installation au pays des montagnes, des banques et du Rivella. Voilà, me disais-je l’occasion de faire partager les indispensables connaissances de base sur la confédération helvétique. Évidemment, il y a de très bons articles sur Wikipédia qui permettent de faire le tour de la question ; la communauté romande est particulièrement efficace sur le projet et ils ont déjà commis de nombreux articles de référence. Cependant, ce n’est sans doute pas suffisant pour qui est amené à habiter dans le pays et, grâce à mon camarade Ludo, j’ai découvert beaucoup plus pertinent pour connaître vraiment le pays : la Leçon de géographie suisse de Marie-Thérèse Porchet née Bertholet. Un must que je vous laisse découvrir :



Cette vidéo m’a donné l’idée d’aller voir ce que notre encyclopédie disait de la riante cité de Porrentruy (Pruntrut en Schwyzerdütsch).
Première surprise : l’interwiki nous apprend que les germanophones ont sobrement intitulé leur article [[Porrentruy]], ce qui m’a rappelé une polémique passée sur le titrage des articles en langue originale (cf. infra). Bref…
Deuxième surprise : l’article ne comprend aucune image ! Diantre, me dis-je, y aurait-il encore une ville suisse qui ait échappé aux sagaces objectifs des wiki-photographes ? Je me rends alors sur Wikimedia Commons pour voir s’il n’y aurait pas quelque image à dénicher pour illustrer l’article. Je ne m’attendais pas à trouver grand chose vu qu’il n’y avait sur l’article de Wikipédia aucun lien vers Commons. Et là, je suis tombé de haut : non seulement, il y avait une [[category:Porrentruy]] en bonne et due forme, mais, en plus, elle correctement remplie : 32 photos et images d’archive, sans compter celles du château.

En explorant un peu, je me suis rendu compte que la plupart des photos avaient été prises par un seul contributeur qui c'était en fait contenté de légender ses œuvres par un sobre : « Porrentruy en canton du Jura, Suisse » (en allemand, anglais et français, des fois qu’on soit mal-comprenant). Aucune autre catégorie n'a été rajoutée que « Porrentruy » et les titres des photos sont de simples numéros. Aucune erreur ne nécessitant un avertissement cependant : la source et la licence sont indiquées, les titres des photos ne reprennent pas le nom de fichier donné par l'appareil et les photos sont décrites et catégorisées. Du point de vue commonsien, l’essentiel est là ; rien à redire. Pourtant, ce contributeur, comme des milliers d’autres dans la médiathèque en ligne, semble oublier que l’intérêt de Commons, c’est de mettre à disposition des fichiers correctement décrits pour qu’ils soient réutilisés dans les autres projets. Et comment les utiliser si aucune description digne de ce nom ne les accompagne ? Ce genre de comportement est-il plus nuisible finalement que ces newbies qui reprennent des photos d’autres sites en faisant fi du droit d’auteur ?

Dans quelques jours, nous partons pour quelques vacances en Suisse. Comme d’habitude, mon appareil sera mis à contribution. Pour suppléer ma mémoire et celle de mon ami, je noterai sur mon petit carnet les infos nécessaires à ce que nos photos d’intérêt éducatif soient réutilisables. Sinon, quel serait l’intérêt de les partager sur Commons ?

vendredi 24 juillet 2009

Heureusement que Wikipédia n'est pas une encyclopédie


Plus j'avance avec mes nouveaux amis wikisourciens dans la transcription du Dictionnaire de Trévoux et plus je suis content que Wikipédia ne soit pas une encyclopédie. Ni même un dictionnaire, d'ailleurs.

Dès la préface de cet imposant ouvrage, on sait que l'on a sous les yeux le meilleur et le plus complet des ouvrages de référence de l'époque. En tout cas, c'est ce qu'on y lit entre les lignes. Il faut dire que l'un des objectifs de l'ouvrage est de faire état de « la multiplicité des idées qui produit & qui doit produire la multiplicité des termes ». En quelque sorte, nos Bons Pères (le Trévoux est rédigé sous la direction de Jésuites) posent les bases de la Neutralité de point de vue.
En poursuivant la lecture de cette préface, on découvre d'autres phrases que les wikipédiens ne renieraient pas : « le Public paroît pencher un peu plus du côté de ceux qui citent, que du côté de Ceux qui ne citent pas, […] il est, au contraire, flatté agréablement par la déférence & le ménagement que font paroître pour ses lumières ceux qui n’avancent rien, sans l’appuyer de preuves solides & de bons témoignages ». Aujourd'hui, et en un autre lieu, on dirait : « Citez vos sources ».
En plus, il n'est pas question de se poser en spécialistes de la question. À propos de la religion, on lit que les auteurs du dictionnaire se sont contenté « d’exposer les opinions sur lesquelles ces Héresies sont fondées, & cela d’une manière simple, sans sortir des bornes d’un Dictionnaire ». Quel admirable sens des limites d'un ouvrage qui doit rester simple de lecture ! Dans la même page, on lit même : « On n’attend point [du dictionnaire] qu’il s’érige en Controversiste mais qu’il rende les Controversistes intelligibles ». Dès le XVIIIe siècle, ce dictionnaire refuse donc de servir d'écho aux travaux inédits, forcément polémiques par nature.

Émoustillé par la lecture de cette alléchante préface, me sentant en pays de connaissance, je me suis donc lancé avec quelques autres dans la transcription wikisourcienne de cet ouvrage, persuadé de retrouver à chaque ligne des vérités fondamentales qui auront su traverser les siècles.
Éh bien, en fait, non.
Pas du tout.
À chaque page, le modeste encyclopédiste collaboratif du XXIe siècle que je m'efforce d'être bondit sur son siège. Les perles s'enfilent. Bien sûr, je m'efforce de contextualiser en fonction des connaissances de l'époque, de l'omniprégnence de la Religion (la Vraie, pas les autres hérésies), ou des tournures de phrases qui conduiraient aujourd'hui leurs auteurs au bûcher du « politiquement correct ». On sent partout la volonté d'avoir toujours raison ; contre les jansénistes, contre les oratoriens, contre les vocabulistes, etc.

En fait, je me dis qu'il est bien plus enrichissant de participer à un joli MMORPG où les débats sont ouverts, où les coups pleuvent, où on se déteste avec autant de vigueur qu'on s'aime. Un lieu où abondent les Pokemons, les joueurs de foot biélorusses et autres bestioles qui ne passeront pas plus à la postérité que certains des grands penseurs cités par le Trévoux.

Oui, Wikipédia n'est pas une encyclopédie. Tant mieux.

samedi 18 juillet 2009

Retour sur les RMLL


Il y a une semaine à cette heure-ci, les RMLL s'achevaient en apothéose avec deux interventions de représentants de Wikimédia France. C'était la fin de cinq jours de débats et d'échanges autour des logiciels et œuvres libres ; plus de 300 conférences et ateliers se sont déroulés autour de 17 thématiques.
C'était la première fois que j'assistais à cette manifestation qui fêtait sa 10e édition. Il faut dire que cette année, cela se passait à 100 km de chez moi et que j'étais disponible pour quelques jours. C'est avec une certaine expectative que je m' y suis rendu. Autant, la semaine précédente, il ne faisait aucun doute pour moi que Wikimédia France avait toute sa place aux Étés TIC de Rennes qui avait pour thème « Culture(s) et connaissances en réseaux ». Je craignais alors que nous soyons un peu noyés dans cette grand’messe du libre où les geeks de toutes sortes se battraient sûrement à coups de distributions et de lignes de codes, n'accordant qu'un regard dédaigneux au quidam qui se contente de mettre à jour quotidiennement son Ubuntu en évitant comme la peste d'avoir à saisir une ligne de commande.

Premier choc en entrant dans le hall de l'École polytechnique de l'université de Nantes : des livres. Et pas seulement des livres d'informatique. Ça m'a rassuré de voir que le partage libre de connaissance n'occupait pas une portion congrue de ce village du Libre où je m'apprêtais à passer 2 jours.
Deuxième surprise : un public varié. Malgré l'éloignement du centre de Nantes, des jeunes, des vieux, des curieux de toute sorte arpentaient les allées à la recherche d'informations sur les différents aspects du libre.
Et surtout, loin de se contenter de rester sagement derrière leurs stands, les exposants au badge violet (comme moi), les conférenciers, les organisateurs, même, discutaient, échangeaient, s'informaient.

C'est cette mise en place de réseaux qui est, à mon avis, l'un des intérêts majeurs de ce genre de rassemblement. L'une des grandes forces des logiciels et œuvres libres est la communauté d'utilisateurs, de développeurs ou de contributeurs sur lesquels il s'appuient. Souvent, et on le voit quotidiennement dans Wikipédia, une communauté a un talent particulier pour se lancer dans des chamailleries internes et à se regarder un peu le nombril. Il me semble important de tirer parti des synergies qui existent au sein de chacune pour tisser des liens en vue de favoriser le partage et la diffusion de connaissances libres. Et c'est souvent en se rencontrant physiquement que les choses avancent réellement.
Certains liens sont évidents, comme ceux existant avec Framasoft. D'autres mériteraient d'être développés. J'en vois deux sortes :
  • Les liens « techniques » avec les communautés développant certains outils spécifiques complémentaires de Wikipédia. Ainsi, des cartes libres élaborées dans le cadre du projet Open Street Map pourraient être intégrées dans l'encyclopédie et bénéficier ainsi d'une meilleure visibilité. L'intérêt est aussi de récupérer des contributeurs qui peuvent contribuer sur les deux projets ; je pense notamment à nos Wikicartographes.
  • Les liens de proximité avec notamment les groupes d'utilisateurs de logiciels et œuvres libres (GULL). Ces groupes ont notamment pour but de favoriser le développement des logiciels libres à travers l'organisation de journées Grand Public. À mon avis, il s'agit là de moments priviligiés pour permettre à des personnes pour qui Wikipédia reste un site qu'ils ne font que consulter de devenir, à leur niveau, des contributeurs. Alors que l'édition peut sembler de plus en plus complexe, il est important de désacraliser le fait d'écrire pour que tout un chacun puisse s'approprier le projet. Celà ne peut se réussir que si des rencontres « en vrai » sont organisées. D'autre part, les GULL disposent souvent de liens avec les institutionnels qui sont détenteurs de documents qu'ils pourraient rendre libres ; autant en profiter pour développer Wikimedia Commons et Wikisource.
Bien sûr des liens sont aussi possibles avec des personnes ou des entreprises n'appartenant pas à la communauté du libre. Si cela peut présenter un intérêt ponctuel en termes financiers, je doute fort qu'une collaboration basée sur autre chose que du mécénat puisse perdurer. La logique de partage libre de connaissances mises gratuitement à la disposition du plus grand nombre s'accommode mal avec une logique commerciale basée sur l'exclusivité.
Si la communauté veut assurer son renouvellement par l'élargissement de sa base de contributeurs, c'est à mon avis en se rapprochant des contributeurs, actuels et futurs, qui partagent une même communauté de valeurs.

Dans un prochain post, nous verrons comment une association peut jouer un rôle en fédérant un maximum de contributeurs autour de ces valeurs.

mardi 7 juillet 2009

Quand une lubie devient un acte de mémoire.

Début juillet 2009, faculté d'Économie de l'université de Rennes 1, les rencontres Étés TIC sont organisées sous le patronnage de la région Bretagne. Le programme de cette année : « Culture (s) et connaissances en réseaux : co-produire, innover, partager ». Une riche idée pour qui s'attache à développer la connaissance libre à travers sa participation aux projets de Wikimédia.

L'intérêt de ce genre de manifestation ne tient pas tant par la qualité et la pertinence des intervenants que par les échanges qui s'y développent. Bien sûr, avec les deux autres représentants de Wikimédia France, j'ai assisté à des interventions fort intéressantes, mais aussi à des présentations commerciales plus dispensables. C'est surtout autour d'un verre ou d'un café que se sont nouées les discussions les plus riches.

Ainsi, et c'est ce qui m'amène à pondre ce post, j'ai eu l'occasion de parler de mes contributions à Commons et, notamment de ma manie de photographier des bâtiments symboliques : mairies, église, gares, etc. Mon interlocutrice m'a alors dit tout le bien qu'elle pensait de ce côté monomaniaque. Outre l'idée de faire une base de données des bâtiments marquants d'une commune, elle y a trouvé une sorte de travail de collecte des lieux de sociabilisation dans nos provinces. Étant donné que j'ai une tendance à parcourir ces lieux pendant les week-ends ou les vacances, c'est sans doute donner une portée exagérée à mes œuvres. Mais je reste persuadé que cette collecte systématique d'images des lieux de représentation permet d'en dire parfois plus long qu'un article sur la perception qu'ont les municipalités (et avant elles, les paroisses) de leur importance. Ça me conforte aussi dans l'idée que Wikimedia Commons peut être une base de données extraordinaire, bien au delà des projets Wikimedia, grâce à son système de catégorisation bien plus rigoureux que dans bien des sites de partage d'images.